1943

Carte d'Interné résistant

Carte de la Confédération nationale des Anciens Combattants Français évadés de France et  Internés en Espagne.


Explication du « Mañana »

Lorsque les prisonniers Français demandaient à leur geôliers franquistes QUAND allaient-ils être libérés? Les espagnols répondaient toujours « Mañana », c'est à dire: « demain… »

TEMOIGNAGE d'un ami,

« Je soussigné Yvon M., demeurant Mont de Marsan, Déclare sur l'honneur avoir été interné en prison de Lérida (Espagne) au Séminario Viejo, de Mars 43 au 2 juillet 43 pour avoir franchi clandestinement la frontière espagnole, et y avoir connu au cours de mon internement le camarade LEON Robert. Ce camarade était en prison depuis plus d'un mois lors de mon arrivée, depuis le 3 février 1943. Nous sommes sortis ensemble le 2 juillet 1943 de cette prison pour rejoindre les Forces Françaises Libres et avons fait une partie de la guerre ensemble »

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Monsieur R. LEON a quitté volontairement la France(…) pour rejoindre, au péril de sa vie et de sa liberté, les Armées de la Libération et a pris une part active a la Libération de la Patrie. A rendu ainsi présente la France à la Victoire à coté de nos Alliés.

Grâce à ses qualités de courage et d'énergie a surmonté de graves difficultés. A été proposé pour la Médaille des Evadés et a droit au port de l'insigne de l'Union des Evadés de France.

Je recherche des

témoignages sur

Lérida 1943.

Vous avez peut-être connu mon père…?

ET « DEMAIN » ARRIVE ENFIN !

Aujourd'hui, 2 juillet 1943, Sortez de prison et embarquez bientôt sur le Sidi Brahim...

GRACE aux recherches effectuées par La CROIX ROUGE française, j'ai pu retrouver cette copie d'une lettre envoyée par mon père et 5 autres camarades, depuis la prison del Partido à Seo d'Urgel, à l'ambassadeur de France en Espagne, le 21 mars 1943:

Prison de Seo d'Urgel, 21 mars 1943

A son Excellence l'Ambassadeur de France en Espagne


Nous soussignés,

Léon Robert, né le 5 mai 1921 à Paris (8e), 2 ans de service militaire engagé volontaire automitrailleuse et chars,

Sergent Bernard, né le 20 janvier 1921 à Paris, 2 ans de service miltaire engagé voolntaire automitrailleuse et chars,

Le Rumeur Armand, né le 27 octobre 1918 à Paris, 2 ans de service militaire, 1 an de guerre DCA écouteur, prisonnier évadé,

Schaffer Alfred, né le 2 mai 1920, à Eschau (Bas-Rhin), 2 ans de service militaire engagé volontaire, Train des équipages,

Warthmann Fernand, né le 22 octobre 1914 à Zimmerbach, (Haut-Rhin), 5 ans de service militaire dans la marine comme chauffeur mécanicien,

Tanays Jacques, né le 4 novembre 1914 à Luzech, (Lot), 2 ans de service militaire, 1 an de guerre, caporal-chef, chenillette, défense anti-chars,


Retenus depuis le 2 février dernier par les autorités espagnoles, nous vous demandons aide et protection. Tous de nationalité française, nous désirerions passer le plus tôt possible sous vos ordres, en vue de notre engagement en Afrique du Nord.

Démunis de toute ressources depuis notre emprisonnement, nous espérons que notre demande sera prise en considération.


Veuillez recevoir, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de notre respectueux dévouement.

Extrait de « Ma dernière Vie »

« Et l'avenir ne se projette pas très loin pour nous qui sommes oubliés ici. Notre premier espoir de futur : sortir au plus vite. Mais lors de ces discussions, nous nous heurtons toujours au même mur d'incertitude. Qui sait que nous sommes là ? Nous sommes des clandestins sans papiers. Nous pourrions rester ici des années, que personne ni en France ni en Afrique du Nord ne s'en préoccuperait. Nous passons de la colère à la résignation, de l'ennui à la désespérance. Et toujours la même réponse lorsque nous interrogeons nos sombres geôliers sur une hypothétique libération : « Si, si, mañana… » (…)


J'ai vingt-deux ans aujourd'hui. Je souffre depuis plusieurs semaines d'une bronchite qui ne s'améliore pas. Mes dents se déchaussent et mes gencives saignent. Il faut dire que nous ne recevons aucun soin. Nous comptons seulement sur les beaux jours qui percent notre cachot et sur la douceur de la température pour venir à bout de notre misère. Il n'y a qu'une chose que le soleil ne peut pas soulager, ce sont nos crises de dysenterie régulières, épuisantes, humiliantes, dues à l'infâme nourriture qui nous est distribuée.

En 1947, mon père rend visite à son bienfaiteur, Mr CARALP